Aujourd’hui dimanche 27 septembre 2009, on apprenait que Roman Polanski, éminent cinéaste de notre temps, à qui l’on doit notamment des chefs d’œuvres tels que Rosemary’s baby, Le locataire ou encore Le pianiste, venait d’être arrêté en Suisse ce samedi, alors qu’il se rendait à un festival lui consacrant une rétrospective.
Cette arrestation intervient à la suite de l’affaire de détournement de mineurs dont Polanski avait été accusé en 1977 et à laquelle il avait plaidé coupable. Il avait alors passé 42 jours en prison, pour ensuite fuir les États-Unis et rejoindre l’Europe. Il continua alors sa carrière en France, évitant la Grande Bretagne de peur d’être extradé sur le territoire américain.
Il a été arrêté samedi à Zurich par la police suisse et sur mandat d’arrêt de la police américaine, plus de 30 ans après les faits, alors que sa « victime », aujourd’hui âgée de 45 ans, est depuis de longues années favorable à ce que les poursuites à l’encontre de Roman Polanski soient abandonnées.
Aujourd’hui la Suisse attend dans les 40 jours une demande d’extradition de Polanski sur le sol américain. Si cela avait lieu, le cinéaste pourrait finir sa vie derrière les barreaux.
Une première pétition de soutien à Roman Polanski a été mis en place par des cinéastes et artistes, parmi lesquels ont déjà signé Costa-Gavras, Wong Kar-Wai, Fanny Ardant, Ettore Scola, Marco Bellocchio, Giuseppe Tornatore, Monica Bellucci, Abderrahmane Sissako, Tony Gatlif, Pierre Jolivet, Jean-Jacques Beineix, Paolo Sorrentino, Michele Placido, Barbet Schroeder, Gilles Jacob, et Bertrand Tavernier, la Cinémathèque Française, le Festival de Cannes, la SACD (Société des Auteurs Compositeurs Dramatiques), l’ARP (Auteurs, Réalisateurs et Producteurs) et le groupe 25 images.
Ils rappellent que « forts de leur extraterritorialité, les festivals de cinéma du monde entier ont toujours permis aux Å“uvres d’être montrées et de circuler et aux cinéastes de les présenter librement et en toute sécurité, même quand certains États voulaient s’y opposer. »
« L’arrestation de Roman Polanski dans un pays neutre où il circulait et croyait pouvoir circuler librement jusqu’à ce jour, est une atteinte à cette tradition : elle ouvre la porte à des dérives dont nul aujourd’hui ne peut prévoir les effets. »
« Roman Polanski est un citoyen français, un artiste de renommée internationale, désormais menacé d’être extradé. Cette extradition, si elle intervenait, serait lourde de conséquences et priverait le cinéaste de sa liberté », écrivent les signataires qui concluent : « nous exigeons la remise en liberté immédiate de Roman Polanski ».
Gageons qu’une autre pétition publique verra très prochainement le jour, pétition auquel se joindra 17FILM, pour la libération d’un de nos plus grands cinéastes, et citoyen français depuis 1976.
Des nouvelles très prochainement.
Antoine
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Ne conviendrait-il pas, s’il est encore temps de le faire, de mettre en circulation une autre pétition de soutien ? Car enfin pour ce qui est de celle-ci, et mis à part son caractère corporatiste, elle équivaut de fait à réclamer du… privilège, au motif qu’il s’agit ici de Polanski. Je ne vois pas la nécessité de nuancer le constat : celui qui a rédigé le texte est un imbécile.
Bonjour Mr Nemeth,
Les faits sont évidemment graves :
« Fourniture de substance réglementée à une mineure, actes obscènes sur un enfant de moins de 14 ans, relations sexuelles illégales, viol par usage de drogue, perversion et sodomie. »
Mr Polanski a été condamné pour 6 chefs d’inculpation, mais s’est mit d’accord avec le procureur pour un « plea bargain ». Il a plaidé coupable pour un chef d’inculpation (relations sexuelles sur mineur) et les autres charges ont été abandonnées. Il a purgé une peine d’une quarantaine de jours, c’est évidemment très peu.
Le constat est là .
Aujourd’hui, tout le monde demande qu’on laisse faire la justice. Seulement c’est ce qu’elle a faite il y a près de trente ans ! Pourquoi faire revivre le dossier aujourd’hui ? alors que la victime ne souhaite pas de poursuites à l’encontre du metteur en scène.
Je ne pense pas que les gens qui demandent la libération de Polanski réclament du privilège. Et ne voyez rien de bourgeois ni dans cet article, ni dans ce commentaire.
Bien à vous,
Tony
@TONY FARIA-FERNANDES
Il y auara eu de toute évidence un malentendu, dont je vous prie de bien vouloir m’excuser. Comme vous je souhaite, bien sûr, la libération immédiate de Roman Polanski : je n’ai fait que déplorer l’argumentaire affligeant de la « pétition des cinéastes ».
Le b.a.ba d’une mobilisation, politique ou autre, est qu’un maximum de gens puisse s’identifier à la cause qui est mise en avant. Certes les faits qui avaient été reprochés à Polanski, il y a de cela trente-deux ans, sortaient de l’habituel, mais on est en 2009 et dès lors le seul problème posé devient : celui des agissements d’un juge californien qui se voit déjà jouer le… rôle de sa vie, en envoyant croupir Polanski en prison. Or la « pétition des cinéastes », en demandant pour Polanski une faveur (!) et une exception (!!!) pour cause de notoriété et de talent a fait, à cet égard : le contraire de ce qu’il fallait faire.
Il semble que ce soit le mot « corporatiste », que j’ai utilisé, qui aît causé le malentendu. Rien que de très normal à ce que la profession apporte son soutien à un collègue. C’est là par exemple ce qu’avait fait la bourgeoise (je reprends ici à dessein votre terme) Fred Vargas, en se mobilisant pour Cesare Battisti. Mais elle avait à cette occasion utilisé des arguments qui étaient susceptibles de convaincre d’autres milieux, que celui des auteurs de romans policiers… Or on est ici, avec la « pétition des cinéastes », devant un texte qui non seulement s’adressait aux cinéastes, mais par son contenu excluait de fait les non-cinéastes.
Et cette incurie m’étonne d’autant plus que lorsqu’en 1997 un furieux nommé Debré (ministre de l’Intérieur) s’était mis en tête de faire adopter une loi de type soviétique, imposant de déclarer au commissariat le plus proche les étrangers que l’on hébergeait : c’était, du même milieu des réalisateurs des films, qu’était venue une pétition irréprochable.
Sans doute l’entrée en piste de Mitterrand-Kouchner-etc. aura eu ici ensuite un effet dévastateur, en renforçant l’impression que les « people » étaient en train de se défendre les uns les autres. Et elle aura même réussi à polluer le débat en opposant les pro- et anti-Mitterrand, ce qui est sûrement faire un grand honneur à ce peu intéressant personnage. Mais pour en rester à ce qui concerne la mobilisation en faveur de Polanski je maintiens qu’une bonne partie du mal (sans guillemets) était déjà fait, de par cette intempestive « pétition des cinéastes ».
Cordialement
En fait, je m’aperçois que l’on n’est jamais trop clair : j’avais suggéré le lancement d’une « autre pétition de soutien » mais j’aurais peut-être dû préciser qu’il s’agissait bien, et ici encore, de soutien… à Polanski !
La victime n’a ici pas à décider si les poursuites doivent être arrêtées ou non. Les États se doivent de faire respecter les règles édictés pour maintenir une certaine cohésion sociale en accords avec les bonnes mÅ“urs. Il a merdé, il doit payer si la prescription n’est pas passée. C’est le jeu, il a joué, il a perdu !
Mais il est fou de voir les gens dépenser de l’énergie pour des choses aussi inutiles que des pétitions de soutien, des pages entières d’écritures pour du vent. Tout ça parce que c’est un « artiste », faut arrêter le délire un moment.
Il va de soit que je me fous de ce gars et de ce qu’il a fait, c’est juste les réactions du public qui me démangent un peu.
alors c’est bien vrai, Erwan : vous vous foutez VRAIMENT, de « ce gars » ?
C’est bien noté.
Mais, que voulez-vous, il y a aussi des gens qui sont attachés aux libertés publiques, et qui n’ont pas d’autre patience pour les arrangements américano-helvétiques.
Je le considère ni plus ni moins comme les autres, son parcours professionnel est indifférent de ces qualités humaines. Je me suis suffisament expliqué sur les faits et vous auriez pensé différement pour une autre personne que ce Polanski.
Pour l’essentiel : vous abondez dans mon sens, en rappelant que le parcours professionnel de Polanski (comme de tout individu, d’ailleurs) est indépendant de ses qualités humaines. Telle est même la raison pour laquelle j’ai cru bon de souligner l’insigne maladresse, à cet égard, du texte de la « pétition des cinéastes ».
En revanche vous avez bien de la chance de pouvoir lire dans mon cerveau, au point d’affirmer que j’aurais pensé différemment pour une autre personne que celui que vous appelez « ce Polanski » (après déjà l’avoir appelé « ce gars »). Quoi qu’il en soit c’est ici le contraire, qui est vrai : j’aurais été tout aussi indigné, si c’était un citoyen lambda qui s’était trouvé confronté à la même situation.
S’il s’agissait d’un jeu, il faudrait un gagnant. En France, l’Assemblée Nationale en profite pour lancer une loi sur l’imprescriptibilité concernant les violences sexuelles. Et d’emboîter le pas vers la pédophilie, la récidive, Mittérand et la littérature, Emmanuelle Seigner et son nouvel album. C’est le bordel et c’est très français.
Tu gagnes si tu ne te fais pas attraper, c’est aussi simple que ça. Retourner le sens d’une phrase est tellement simple bien qu’inutile.
Les violences sexuelles (et même sur les personnes) ça a beau être médiatique, c’est pas vraiment d’une importance capitale pour la majeure partie des cas. Bref, le cas Polanski je l’ai déjà dit, sans importance, les intérêt en jeux inexistants. Cette affaire ne fait du bruit que parce cette personne revêt une certaine importance pour vous (d’ailleurs les affaires similaires on en entend jamais parler bizarrement).
PS: Ta vision de l’évolution législative en France est un peu trop simpliste même si ça se dégrade…
mais qui sont-ils donc, ces gens que Erwan persiste à désigner sous le nom de : « vous » ? Et on se demande s’il a seulement pris la peine de se relire, avant d’énoncer que « les intérêts en jeux sont inexistants ». Inexistants ? Pas pour lui en tous cas…
Je vous conseille vivement la lecture d’un autre article.
Tout le cinéma n’est qu’un énorme fantasme masculin
Mona Chollet dans Périphéries.