Une année s’achève et il est l’heure pour nous de fouiller dans nos (courtes) archives les moments qui ont marqué notre voyage cinématographique. De 2008, nous garderons en mémoire de nombreux films (cf. l’article : 2008, Laurent Cantet, Les Ch’tis, Batman, Et après ?), mais surtout un court métrage … de 2007 : RUN, de Mark Albiston. Film néo-zélandais (15 mn) distingué à Cannes par une mention spéciale et par le Screen Award du meilleur court métrage, ce film dresse le portrait d’une famille affectée par l’absence de la mère.

Run se passe dans une ville balnéaire conservatrice en Nouvelle Zélande à la fin des années 70. C’est l’histoire d’un frère et d’une sÅ“ur samoans, Georgie et Tom, qui vivent dans un environnement basé sur la peur de leur père qui les élève seul. Celui-ci (Jack), redoute le morne future qui attend ses deux enfants polynésiens grandissant dans un monde de blancs et essaye toujours de se remettre de la mort de sa femme. Il applique donc un régime quasi-militaire dans la vie de ses enfants pour les préparer à la difficulté des temps à venir. En vainquant leurs différences et en s’alliant, Tom et Georgie réalisent qu’ils peuvent déjouer les règles de leur père et s’en sortir. Le lien forgé par les défis relevés ensemble leur donne le courage de finalement surmonter le plus gros obstacle, leur père … (dossier de presse)


Run RUN


Notes du réalisateur Mark Albiston :
Je souhaitais faire ce film car le thème central est universel bien sûr, mais surtout parce qu’il était vraiment sincère. Nous n’avons pas commencé avec une histoire linéaire mais avec une poignée de moments vraiment intéressants. A partir de là nous avons travaillé ensemble à développer un scénario.

Louis (NDLR : le scénariste et Jack dans le film) et moi avons travaillé au casting en nous appuyant sur les conseils de l’actrice-réalisatrice néo-zélandaise Nancy Brunning. La chose la plus difficile dans ce film était qu’il reposait sur l’histoire de jeunes gens en plein voyage émotionnel.

Helayna, 11 ans et Tyrrell, 8 ans, ont été choisis dans des écoles primaires de Porirua Est (banlieue de Wellington). Helayna n’avait aucune expérience comme comédienne et Tyrell avait joué un tout petit rôle dans « Eagle versus Shark » de Taika Waititi. Nous avons pensé que leur manque d’expérience était un atout.

Une autre requête pour Helayna était d’apprendre à jouer Für Elise et la bande originale que Warryn Maxwell de « The Little Bushman » avait écrite pour elle. Il fallait qu’elle apprenne à jouer à un niveau professionnel en 3 semaines ! J’avais pré-enregistré le morceau pour qu’on puisse doubler le piano. Mais Helayna était tellement à l’aise avec le piano que nous avons finalement utilise 90% de sa composition et que les 10% restants n’ont été modifié que parce qu’il fallait raccourcir le film. (dossier de presse)


D’une intensité remarquable, ce film reste dans l’esprit, sans là-même l’ombre d’une question de l’ordre du contemporain : le cliché et le (néo-néo-)réalisme romantique : interrogations fumeuses et apogée d’une froide époque. Car humble voire prosaïque, l’on reste saisi durant les 15 minutes du film par la course menée par les deux enfants …


Tony Faria-Fernandes

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