2001. Des visages, des figures.
Il y a quelques heures, le groupe Noir Désir publiait deux nouveaux titres sur leur site officiel. D’abord « Le temps des cerises », chanson de Jean-Baptiste Clément écrite en 1866. Cette chanson racontait les rapports qu’entretenait l’homme avec la commune de Paris.
Mais il est bien court, le temps des cerises
Où l’on s’en va deux cueillir en rêvant
Des pendants d’oreilles…
Cerises d’amour aux robes pareilles,
Tombant sous la feuille en gouttes de sang…
Mais il est bien court, le temps des cerises,
Pendants de corail qu’on cueille en rêvant !
Le groupe bordelais publiait surtout Gagnants/Perdants au fort sous-titre évocateur Bonne nuit les petits. On en parlera bien plus que le précédent titre …
La voix ouvre la partition. Grave, quand Bertrand Cantat semble posé. Reposé, l’emphase est pourtant puissante. La musique est en arrière plan, il nous parle, nous interpelle. L’élocution est juste, la dictée est parfaite. Pas d’illusions, le ton est à la berceuse. Endormis par Pimprenelle et Nicolas, le temps est à la constatation : on ne peut plus perdre, puisque c’est déjà fait. On a le sentiment que ça va jaillir d’un moment à l’autre, au détour d’une pause, la voix exploser, dérailler ; les instruments suivant alors la corde. Mais c’est de l’harmonica que criera seul la peau et les os.
Noir Désir n’est pas ici à la contestation. Mais contestation, c’est le lapsus de constatation. Moderato cantabile …
Et c’est lâché en début de dépêche : « A part ça, Noir Désir est au travail ».
Tony Faria-Fernandes
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