[...] Ce jour là, ils décidèrent ensemble qu’ils lui implanteraient des paupières électriques. Parce qu’ils se retrouvaient souvent dans les 65 km de nuages sur le boulevard Sérurier. A y regarder de plus près quelques films muets dont ils parlaient bien plus que des films parlants. Et leur besoin d’insuline y était extravagant : il fallait, par la pénétration, toucher les cellules cibles. Elle en aurait besoin là-bas, de ces paupières électriques.

Le passé n’y existait pas.

Le futur n’y existait pas.

Le présent non plus.

Les mots eux-mêmes n’existaient pas. Les gens mentaient à deux mille à l’heure et c’était suffisant. Car devant un film, il avait toujours été de préserver l’essentiel : ne pas se demander pourquoi mais s’imaginer, se dérober derrière un nuage, compter et s’endormir pour continuer le film. Il lui fallait donc avoir ces paupières électriques. [...]

Tony Faria-Fernandes

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