Nous vous en parlions ici, voici la première production de 17FILM ! Il s’agit d’un triptyque dont le concept était de tourner un film court en quelques heures, autour d’un romancier en mal d’inspiration. Trois films, trois mises en scènes différentes, trois façons d’aborder le cinéma …



Le génie de la foule, Antoine Santoni


« Des poèmes lus par Tom Waits ou encore Bono, l’image d’un homme rongé par l’alcool et les femmes, tels sont les premiers souvenirs de Charles Bukowski qui me reviennent.
Quand j’ai entrepris « Le génie de la foule », je ne savais pas trop où j’allais. Je déambulais dans les rues, comme le héros du film, campé dans l’idée d’un certain « Ã‰tat des choses » qui me réconfortait dans le fait que le monde ne tournait pas forcément rond. Je me cherchais des héros, des personnages qui sortiraient d’un road-movie américain. J’écoutais Springsteen, Cash, Dylan et Cohen. Je rêvais d’Amérique, celle de ce même Bukowski, de Gibson et Burroughs, celle de Norman Maier.

J’ai voulu alors filmé un Bukowski vagabond, nostalgique d’un monde perdu. Un être triste et fort à la fois, fier et torturé. Il semble évoluer dans une bulle, il lutte, agonise, mais avance, fonce vers un but. Il croit en lui. Ce n’est pas un film qui parle de haine, de mépris. C’est une pensée, un état d’âme, un songe. Comme une rêverie dans un siècle précipité dans le perpétuel mouvement et qui oublie de regarder, d’écouter. » (Antoine Santoni)



L’écrivain ou les espoirs fusillés, Tony Faria-Fernandes


« Il s’agit d’un film réalisé dans le cycle DE L’INAMERTUME : peu de sons, très peu de plans. Il n’y a que le noir et le blanc qui compte.
François est un poète isolé au demeurant absent, il attend quelques lignes de mots, de vers, sans trop y croire. Monomaniaque, il refait sans cesse les mêmes gestes et les mêmes actions : comme un fantôme. Il y a je crois, quelque chose de très circulaire dans ce film ; François c’est un personnage assis, à moitié horizontal – à moitié vertical, c’est à dire qu’il compose. Puis dehors, sur son balcon, il commence à calculer l’espace qui le sépare du sol …

Si l’on devait faire le film à l’envers, ce serait l’histoire d’un type qui ne doute pas. On le verrait sauter en l’air, au ralenti. » (Tony Faria-Fernandes)



L’écrivain, Michel Civitello


« En dehors du concept de faire un film sans scénario, j’avais envie de réaliser le portrait d’un homme cherchant une inspiration au-delà des mots. Les mots le perdent … Il cherche alors un nouveau langage, plus dans l’émotion et moins dans l’intellect. D’abord il le cherche dans la musique. Je voulais rester sur cet homme et filmer son évolution : il se retrouve face à son reflet, le miroir, comme une image grossissante de son esprit. Un peu vague et flou.

Finalement il se détourne de cette image. On le voit alors depuis l’extérieur, confiné dans son carcan d’écrivain, il cherche une inspiration, un monde, un univers. C’est comme un repérage … Mais là encore, il se défile. L’idée c’est ça, l’écrivain c’est un homme qui se détourne de son monde pour à chaque fois renouveler l’expérience de l’écriture. Les objets prosaïques du quotidien apparaissent comme étant là l’essentiel. » (Michel Civitello)


17FILM

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