« Dans un désert, sur une colline, des hommes, des femmes en tchador et des enfants déambulent dans un vaste “musée” en plein air dressé en mémoire des martyrs de la guerre Iran-Irak. C’est le nouvel an iranien, nous sommes près de la frontière irakienne. Un homme me guide. Il est grand et charismatique et s’appelle Nader Malek-Kandi. Pendant près de trois ans, j’ai choisi de pénétrer au cœur du monde des défenseurs les plus extrêmes de la République islamique d’Iran (les bassidjis), pour mieux comprendre les paradigmes qui les animent. Nous venons du même pays, et pourtant, tout nous oppose : Iranien habitant en France, athée et enfant de militants communistes sous le Shah, j’ai tout pour heurter les convictions de ceux qui respectent les dogmes du régime. Un dialogue se noue pourtant. Mais entre les jeux de séduction et de rhétorique, les moments de sincérité et la réalité du système politique et religieux qu’ils défendent, jusqu’où nos convictions respectives sont-elles prêtes à s’assouplir pour comprendre qui est l’autre ? »

Un éclairage unique sur les fonctionnements de la République islamique d’Iran

Avec pour seules armes, une caméra, un micro et de nombreuses interrogations, le réalisateur iranien Mehran Tamadon est parti à la rencontre de membres des bassidjis. A la fois organisation militaire, structure de militantisme politique et lieu d’activités citoyennes et sociales, cette milice populaire, qui s’est sacrifiée à la guerre lors de l’attaque de l’Iran par Saddam Hussein, est aujourd’hui le principal pilier de soutien populaire au régime iranien. Elle réunit en son sein les plus extrêmes défenseurs de la République islamique.

Bassidji Bassidji – Au cœur du régime iranien


Afin de confronter ces hommes à ses réserves critiques, partagées par une partie de la population iranienne qui lors du tournage du film n’avait pas encore pu se manifester, le réalisateur est allé à visage découvert, et sans voiler ses intentions, leur poser des questions. Il les a suivis sur les vestiges des champs de bataille où ils viennent par centaines pleurer leurs héros sacrifiés à la guerre. Il a participé à leurs réunions où, lumière éteinte, les bassidjis pleurent à grands cris les martyrs, priant pour se montrer aussi vaillants et dévoués qu’ils le furent.

Infatigable, Mehran Tamadon essaie de comprendre sans jamais stigmatiser ou diaboliser ses interlocuteurs. Il se fait le porte-parole d’un autre mode de vie auquel beaucoup de jeunes iraniens aspirent. Sans complexe, il leur parle de son expérience en Occident, où il vit en infidèle avec sa compagne sans être marié, alors qu’eux refusent même de regarder une femme dans les yeux. Avec toute sa diplomatie et la sincérité de sa démarche, il parvient à nouer un dialogue avec les bassidjis, bien qu’à la fin du documentaire, presque à bout de souffle, il en explore les limites et se heurte à un mur. Une compréhension mutuelle est-elle vraiment possible ?

Plus d’infos sur :

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